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La Mécanique de l’Impunité Epstein Décryptée

 

Sade n'était pas seulement un "libertin" ; il était le sociologue clinique de l'abus de pouvoir. Son incarcération massive (près de 30 ans) n'était pas tant due à ses mœurs qu'à sa capacité à démontrer que, pour les puissants, la loi n'est qu'un outil de domination, jamais une limite.



Titre : D’Epstein au Marquis de Sade : La Mécanique de l’Impunité Décryptée

L’affaire Epstein a choqué le monde, non seulement par l’ampleur des crimes, mais surtout par la stupéfiante impunité dont a bénéficié ce réseau pendant des décennies au cœur des démocraties occidentales. Pourtant, pour qui a lu le Marquis de Sade, ce mécanisme n’a rien d’une surprise. Il est la mise en pratique d’un système décrit avec une précision chirurgicale il y a plus de deux siècles.

Sade : Le dénonciateur par le miroir

Si Sade a passé la majeure partie de sa vie en prison (sous la Monarchie, la Révolution, puis l'Empire), ce n’est pas uniquement pour la noirceur de ses fantasmes. C’est avant tout parce qu’il a eu le talent — et l'audace — de décrire comment les puissants s'organisent en sociétés secrètes pour s’affranchir de la morale commune.

Dans des œuvres comme Les 120 Journées de Sodome, Sade ne raconte pas seulement la débauche. Il décrit une logistique de l'abus :

  • L'isolement géographique (le château de Silling comme l'île d'Epstein).

  • Le recrutement méthodique des victimes.

  • La complicité des élites judiciaires et financières.

Le crime des puissants n’est pas un accident, c’est un privilège

Pour Sade, le crime est l'expression ultime du pouvoir. Il explique que la loi est faite pour protéger le faible, et que par conséquent, le véritable "maître" se doit de la briser pour affirmer sa supériorité.

Ce que Sade met à nu, c'est que l'impunité d'un réseau comme celui d'Epstein n'est pas un "dysfonctionnement" du système, mais une caractéristique intrinsèque des hautes sphères lorsque le contre-pouvoir disparaît. Sade a été jeté au cachot parce qu'il montrait aux puissants de son temps leur propre reflet dans le miroir de sa prose : celui d'individus se croyant au-dessus de la condition humaine.

L'écrivain comme témoin dangereux

En décrivant le mécanisme de l'impunité, Sade est devenu l'homme le plus dangereux de son siècle. Il a prouvé que la littérature pouvait être un scanner social capable de révéler les pathologies du pouvoir. L’affaire Epstein, avec ses complicités silencieuses et ses protections de haut vol, n’est que la version moderne, technocratique et mondialisée de la cellule sadienne.

The Morning Post continuera de décrypter ces zones d'ombre où la réalité rejoint, hélas, la littérature la plus sombre.


Pour approfondir les structures de pouvoir :